En réaction aux résultats décevants des tests en littératie et en mathématiques, le gouvernement de l’Ontario a annoncé l’examen du système de tests normalisés de la province, l’OQRE (Office de la qualité et de la responsabilité en éducation). Au lieu de chercher des explications vagues aux faibles notes obtenues aux tests, le gouvernement devrait plutôt se concentrer sur la base, à savoir réduire et plafonner la taille des classes.
S’appuyant sur les meilleures données disponibles, les tableaux ci-dessous présentent un portrait ventilé des tailles des classes à l’échelle de la province, des conseils scolaires et des écoles de la première à la quatrième année.
Durant l’année scolaire 2024-2025, seulement 52 pour cent des classes de la quatrième à la huitième année comptaient moins de 25 élèves, 45 pour cent en comptaient de 25 à 29 et quatre pour cent comptaient plus de 30 élèves.
Quatre pour cent peut paraître peu, mais dans le grand système d’éducation de l’Ontario, ce pourcentage signifie que près de 1 100 classes de la quatrième à la huitième année dans la province comptent plus de 30 élèves.
Certains conseils scolaires sont plus touchés que d’autres.
Dans le conseil scolaire du district de Toronto, 42 pour cent des classes de la quatrième à la huitième année (1 420 classes) comptaient de 25 à 29 élèves et 9 pour cent (313 classes), 30 élèves ou plus.
D’autre part, le conseil scolaire catholique du district de Nipissing-Parry Sound affichait le pourcentage le plus élevé de classes dans la province avec plus de 30 élèves: soit 21 pour cent même si au total, il ne représentait qu’un petit nombre de classes, soit dix.
Comment se fait-il qu’un si grand nombre de classes excèdent les limites connues?
Les parents se font dire que la taille des classes est limitée à 20 élèves de la première à la troisième année, à 24,5 élèves de la quatrième à la huitième année et à 23 élèves de la neuvième à la douzième année. Or, leurs enfants sont dans des classes qui excèdent de beaucoup ces limites, tout comme la moitié des enfants de la province. Comment est-ce possible?
La réponse courte: ce sont les plafonds des classes.
Seules les classes de la première à la troisième année ont des plafonds fermes. Dans tous les conseils scolaires de l’Ontario, 90 pour cent des classes doivent avoir 20 élèves ou moins et les dix pour cent qui restent peuvent en avoir jusqu’à 23.
Pour les classes de la neuvième à la douzième année, le ministère subventionne la taille des classes à raison de 23 élèves en moyenne et les conseils scolaires sont tenus de respecter cette moyenne générale. Dans la plupart des matières, les tailles des classes ont des limites maximums, traditionnellement négociées à l’échelle locale entre les syndicats d’enseignant-e-s et les conseils scolaires.
Dans le cas des classes de la quatrième à la huitième année, la taille des classes est stipulée en tant que moyenne à l’échelle du conseil scolaire. Ce qui veut dire que si certaines classes sont plus petites que la moyenne ciblée, d’autres classes peuvent être plus grandes. Grande jusqu’à quel point? Il n’existe pas de plafonds. Et c’est cette absence de plafond qui ouvre la porte à un nombre aussi élevé de classes nombreuses.
La complexité de la composition des classes est une autre pièce importante du casse-tête, selon Nichole Grant, directrice de la recherche à la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE). De son point de vue, la taille des classes doit prendre en compte les besoins en éducation spécialisée. Dans le cadre d’une analyse pondérée, il faudrait attribuer aux élèves qui n’ont pas besoin d’éducation spécialisée un poids de 1 et aux autres élèves un poids supérieur (p. ex. 1,2 ou 1,5). Si le ministère de l’Éducation fournissait les données requises pour faire ce type d’évaluation, les chiffres dans les tableaux ci-dessus seraient beaucoup plus élevés et correspondraient de plus près à l’expérience vécue en classe.
La réduction de la taille des classes en imposant des plafonds aurait un effet immédiat et positif sur l’expérience en classe en Ontario et sur la réussite des élèves. Nous le savons déjà. Nous n’avons pas besoin d’autres examens de l’OQRE ni de consultations interminables. Nous avons besoin plutôt que le gouvernement de l’Ontario cesse de trouver des excuses et investisse dans les écoles.



